Arrêt sur images 14 juin : FRICC, UNE NOUVELLE ASSOCIATION ANTICORRUPTION EST NÉE ... et porte plainte contre Valls

Publié le par Jean-Luc Touly

Arrêt sur images 14 juin : FRICC, UNE NOUVELLE ASSOCIATION ANTICORRUPTION EST NÉE ... et porte plainte contre Valls

Et si Valls ne s’en tirait pas à si bon compte ? Alors que le premier ministre a annoncé vouloir rembourser le prix des billets de ses enfants qui l’ont à bord d’un Falcon de l'Armée de l'air pour assister à la finale de la Ligue des champions à Berlin et, une semaine après les faits, reconnu une"erreur", une toute jeune association baptisée FRICC – pour – s’apprête à déposer dans cette affaire dite du Barçagate. Association toute jeune mais aussi toute petite : elle compte à ce jour quatre membres, tous issus de l’association anti-corruption Anticor. Objectif de FRICC selon son président Jean-Luc Touly : lancer un avertissement à une classe politique hors-sol.

"Cette histoire est pitoyable. Il faut que les politiques comprennent qu’il y a des règles connues dans ce pays". C’est entendu : Jean-Luc Touly et sa toute jeune association Fricc – pour Front républicain d'intervention contre la corruption – ne comptent pas lâcher Valls et son escapade aux frais de l’Etat pour assister à la finale de la Ligue des champions à Berlin samedi dernier. Comme annoncé hier lors de leur première conférence de presse, l’association a décidé de porter plainte contre Manuel Valls. Objectif : demander le remboursement complet de ce voyage et pas seulement le remboursement des billets des enfants promis par le Premier ministre embourbé dans des justifications peu convaincantes

http://www.arretsurimages.net/articles/2015-06-14/Fricc-une-nouvelle-association-anticorruption-est-nee-id7815

Selon Libération, ce devrait être une plainte pour détournement de fonds publics. Mais ce matin encore, Touly attendait la confirmation de l’avocat du Fricc, Maître Joseph Breham. Restait également à déterminer quel tribunal solliciter : la Cour de justice de la République (CJR) habilitée à juger les ministres pour les délits commis dans l'exercice de leurs fonctions, mais qui a l’inconvénient de ne pas connaître le statut de partie civile, ou bien une plainte déposée au parquet de Paris ? La question sera tranchée d'ici le week-end.

Pour autant, ce "Barçagate" tombe à pic pour Fricc. Créée le 3 juin dernier, l’association est passée à côté de l’affaire Agnès Saal, présidente débarquée de l’INA après sa frénésie sur les frais de taxi. "Du coup, on pensait attendre septembre pour entamer des actions contre cette classe politique hors-sol très loin de la République exemplaire chère à François Hollande" raconte Touly. Valls leur donne une belle occasion d’ouvrir le bal. D’un autre côté, l’affaire Saal n’a pas échappée à l’association anticorruption Anticor qui a déposé fin mai une plainte contre X pour détournement de fonds publics et délit de favoritisme.

Les deux structures vont-elles se tirer la bourre sur les affaires ? Touly espère qu'elles seront complémentaires et qu'il pourra continuer de travailler avec Anticor qu’il connaît bien : s’il n’a pas été à l’origine de l’association, il en a très vite été membre avant de quitter la structure – tout comme les trois autres acolytes de Fricc, Eric Darques, Gabrielle Audefroy et André Gagnon. En cause : la crise qui a secoué Anticor. Selon Touly, l’association n’a pas résisté à sa croissance. Créée en 2002 suite à l’arrivée de Le Pen au second tour de la Présidentielle, Anticor a connu un boum en menant la charge contre Jacques Chirac et les emplois fictifs à la mairie de Paris. Une charge couronnée de succès puisque l’ancien Président de la République a été reconnu coupable de détournement de fonds et d'abus de confiance en décembre 2011. D’une centaine d’adhérents, Anticor franchit alors la barre des mille.

"ON A QUE DES COUPS À PRENDRE"

"Dès qu’on grossit, on rencontre des problèmes de pouvoir et d’égo" estime Touly qui retrouve là le syndrome Attac dont il a été membre du conseil scientifique avant de se retirer. Visiblement, Anticor était divisé en deux lignes : une plutôt modérée qui ne tenait pas vraiment à chercher des poux dans la tête des socialistes et une autre plus belliqueuse. Touly partageait cette seconde ligne qui a fini par l’emporter l’an dernier au prix d’une scission. De nombreux membres ont quitté l’association. Pourquoi ne pas rester ? Touly évoque des mesures autoritaires. Il n’a pas apprécié notamment que soit débarqué Eric Darques, membre fondateur, responsable de la section Nord d’Anticor et fer de lance dans l’affaire du stade de Lille. Les deux hommes ont donc décidé de créer leur propre structure qui vient compléter le paysage anticorruption composé d’Anticor mais aussi deTransparency International ou encore de Sherpa.

Une crise à Anticor ? Disons des tensions, admet Jean-Christophe Picard, président d’Anticor depuis trois mois, qui préfère parler d’une "bonne dynamique de travail" avec un conseil d’administration "reparti sur de bonnes bases". A l’évocation des problèmes d’égo, Picard est surpris : "on n'a que des coups à prendre dans la lutte que nous menons, ça ne sert la carrière de personne. Et si la ligne a pu paraître frileuse, il faut savoir que nous ne disposons de l’agrément pour se constituer partie civile que depuis février. Il était difficile auparavant de se lancer dans des combats qui pouvaient durer plusieurs années". Et de citer le combat sur les sondages de l’Elysée porté par le Grenoblois Raymond Avrillier, membre de l'association que nous avions reçu sur notre plateau l’an passé : "il a fallu deux ans avant l’ouverture d’une enquête !" Enfin, Picard rappelle que l’association ne reçoit pas un euro de subventions et n'emploie qu'un permanent à mi-temps.

Anticor aurait-elle pu porter plainte contre Valls ? Picard est sceptique : "nous ne sommes pas sur cette option. S’il est évident que le Premier ministre a bafoué la charte de déontologie du gouvernement [évoquée ici-même lundi], le délit pénal nous semble plus compliqué à prouver". Une démarche aléatoire selon lui. Il suffit d’ailleurs de se reporter à notre émission consacrée aux affaires ultra-médiatisées qui font pschitt au tribunal pour saisir toute la difficulté d’apporter la preuve irréfutable. A ce jour, comme le rappelle François Bonnet de Mediapart sur le plateau, "le dernier homme politique qui a été lourdement condamné à une peine de prison, qu'il a effectuée, c'est Alain Carignon il y a plus de vingt ans". Condamnation que l'on doit là encoreau combat mené par Avrillier.

"ON VEUT LANCER UN AVERTISSEMENT AUX POLITIQUES"

Mais le défi n’effraie pas Touly qui peut compter, comme il l’a toujours fait, sur la médiatisation de ses actions. Car le président du jeune Fricc n’est pas inconnu des journalistes. Lanceur d’alerte de la première heure, salarié de Veolia – ex-Vivendi et ex-Générale des eaux – depuis quarante ans, Touly s’est fait connaître en dénonçant les collusions entre marchands d'eau, syndicats et élus comme le raconte Mediapart qui lui a consacré un long portrait à l’été 2013. Le site d'information raconte qu'à la sortie de son premier livre, L’Eau de Vivendi, les vérités inavouables,"Le Parisien et L’Humanité lui consacrent de grands articles, relayés quelques jours plus tard par Complément d’enquête sur France 2, puis par Télérama. La machine médiatique est lancée. Car l’homme est un «bon client» pour les journalistes, qui tape sec sur ses adversaires tout en gardant un air affable, qui livre moult anecdotes et documents confidentiels, et qui sait se rendre disponible : il reçoit de constantes sollicitations, et en refuse peu."

Si Touly apparaît comme "la figure incontournable du combat contre la marchandisation de l’eau", à la fois pugnace et volubile, certains collègues dénoncent un homme qui "instrumentalise des questions importantes pour sa gloire personnelle", le tout assisté "par un réseau de journalistes bien entretenu". Accusation classique portée contre les lanceurs d’alerte. Mais Touly n’a pas peur de fâcher et continue de publier ses brûlots. Dernier en date : Les recasés de la République aux éditions First, co-écrit avec son complice Roger Lenglet, journaliste d’investigation. A l’intérieur : 120 cas de placards dorés, de Brice Hortefeux à l’épouse de Jack Lang. Touly prévient : "on veut lancer un avertissement aux politiques, et on le fera chaque fois que nécessaire". Pas dit que les politiques trembleront… mais à coup sûr les médias suivront.

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Gabrielle Audefroy 29/09/2015 19:23

Bonjour,

Je vous invite à aller dans l'onglet contact pour me donner votre adresse mail.
Bien cordialement.
Gabrielle Audefroy
Secrétaire générale du FRICC

Gracovetsky 29/09/2015 15:39

Je découvre l'existence de l'association "FRICC" et je souhaite avoir plus de connaissance à son propos, mon dégoût prononcé et progressivement s'amplifiant, vis à vis des hommes(et donc également "femmes") politiciens me rend l'idée même de l'existence de cette association nécessaire indispensable . Peut-on me communiquer une adresse ou un contact de cette association? Merci.
Gracovetsky Alexis