Le Parisien 91 du 30 juin : A Wissous, quatre maires-adjoints sur la sellette

Publié le par Jean-Luc Touly

Le Parisien 91 du 30 juin : A Wissous, quatre maires-adjoints sur la sellette

Wissous, lundi soir. Le maire a porté plainte contre deux adjoints — Phillipe Duport (au milieu) et Evelyne Fournet (à droite) — pour prise illégale d’intérêt. Ce lundi, le conseil municipal devait se prononcer sur le retrait de leurs fonctions. Deux autres adjointes — Patricia Brossier (à gauche) et Martine Thierry (3e en partant de la gauche) sont aussi sur la sellette pour avoir témoigné leur solidarité avec les élus pointés du doigt. (LP/M.O.)

« J’ai été très clair et ferme », insiste Richard Trinquier (LR). Le maire de Wissous assure avoir prévenu son équipe qu’à la moindre suspicion de prise illégale d’intérêt, il saisirait le procureur. Promesse tenue. La semaine dernière, il a porté plainte pour ce motif contre deux de ses adjoints. Des éus qui, ce lundi soir, devaient en conseil municipal être démis de leurs fonctions comme deux autres de leurs soutiens.

La plainte fait suite à l’attribution d’un logement social au fils de Philippe Duport (SE), maire-adjoint à la voirie, aux services techniques et à la sécurité. Dossier déposé parmi d’autres par Evelyne Fournet (SE), adjointe aux affaires et actions sociales. L’emménagement a eu lieu en mai. Mais ce n’est qu’en juin que l’affaire est remontée aux oreilles du maire. « Ce sont des quotas de la mairie et non préfectoraux. J’avais demandé à plusieurs reprises que la liste des attributaires me soit transmise. Elle ne l’a pas été. Si j’avais été informé des noms, j’aurais suspendu les demandes pour avoir des compléments », s’explique Richard Trinquier qui avance que ce dossier est passé « en tête » devant les autres. Après une enquête interne, il a donc porté plainte contre ces deux adjoints tout en leur retirant leurs délégations.

« Le procureur déterminera les responsabilités de chacun »

« Mon fils a envoyé une demande comme tous les habitants de Wissous. Il en avait le droit. Le dossier a été transmis au bailleur qui a fait son choix sans savoir que c’était mon fils. Il n’y a eu aucune malversation », conteste Philippe Duport qui déplore une « injustice ». « L’adjointe aux affaires sociales a déposé le dossier en respectant toutes les règles. Il n’y a pas de conflit d’intérêt car elle n’a aucun lien avec le fils », enchérit Patricia Brossier, adjointe aux marchés publics qui s’est aussi vue retirer ses délégations après avoir demandé des éclaircissements sur la situation auprès du maire.

Idem pour Martine Thierry en charge des affaires scolaires. « Je suis très affectée. C’est incroyable d’en arriver là. Je ne comprends pas. Avec M. Duport, nous étions ses plus fidèles lieutenants », regrette celle qui a suivi Richard Trinquier sur plusieurs mandats.

L’intéressé n’en démord pas : « Il y a des faits avérés. Le procureur déterminera les responsabilités de chacun ». En attendant, s’ils sont démis de leurs fonctions, les quatre élus « punis » resteront simples conseillers municipaux. Dans une déclaration commune, ils demandent la démission du maire en dénonçant les « motifs fallacieux » dont il a fait usage.

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