Décembre 2013 : Rachida Dati est soupçonnée de conflit d'intérêt au Parlement Européen avec GDF-Suez

Publié le par Jean-Luc Touly

http://www.francetvinfo.fr/politique/affaire/video-cash-investigation-rachida-dati-a-elise-lucet-votre-carriere-est-pathetique_1068143.html

http://rue89.nouvelobs.com/2013/12/13/rachida-dati-amendements-sentent-gaz-248299

Selon «Le Point» et la chaîne I>TELE, une ONG bruxelloise, Friends of the Earth Europe, aurait adressé début novembre un courrier à l'eurodéputée sur ses rapport avec le groupe GDF Suez. «Êtes-vous employée par le groupe comme consultante ou vos relations sont-elles liées à votre métier d'avocate ? Dans ce cas-là, quelles activités et tâches votre relation avec GDF Suez inclut-elle ?», demandait l'ONG, citée par la chaîne. Des questions restées sans réponse.

Autre élément qui éveille les soupçons : une tribune publiée dans «Les Echos» le 16 octobre. L'élue plaide auprès de Bruxelles pour l'arrêt de subventions publiques accordées à certaines énergies renouvelables et pour le financement des centrales à gaz. «Ce serait un acte fort, un tournant dans la politique énergétique européenne, si l'Europe répondait à l'appel des énergéticiens et mettait un terme aux subventions dans des technologies d'Energies renouvelables matures en les intégrant de manière progressive aux règles du marché», écrivait-elle.

Une position qui n'a pas échappé à l'eurodéputée Corinne Lepage. «Quelle mouche a donc piqué Rachida Dati ?», s'étonnait le 6 novembre l'ancienne ministre de l'Environnement dans une tribune publiée sur Le Huffington Post. «Critiquant la politique énergétique européenne, sur laquelle personne ne l'a jamais entendue en plénière, même si elle siège comme suppléante à la commission industrie, recherche et énergie du Parlement européen, elle se fait le porte-parole des énergéticiens pour attaquer sévèrement les énergies renouvelables, soutenir le gaz de schiste et plus encore elle va reprendre quasiment mot pour mot les déclarations de Gérard Mestrallet (PDG de GDF Suez, NDLR) à Bruxelles».

Rachida Dati serait-elle plus riche qu'elle ne le dit ? Il y a un an et demi, dans une interview au magazine Elle, l'ancienne garde des Sceaux affirmait : "Je gagne environ 6 000 euros par mois en tant que députée européenne et rien pour mes fonctions de maire." Pourtant, d'après les informations du Point.fr, Rachida Dati touche en réalité chaque mois huit fois la somme indiquée, soit 50 800 euros par mois.

L'élue passe en effet sous silence ses confortables revenus d'avocate, métier qu'elle exerce en parallèle de ses mandats de parlementaire et de maire du 7earrondissement de Paris. Dans sa déclaration de transparence financière exigée par le Parlement européen, l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy chiffre ses "activités annexes" à plus de 10 000 euros par mois. En réalité, Rachida Dati a perçu l'année dernière 512 416 euros d'honoraires d'avocat, auxquels s'ajoute une rémunération de 98 000 euros en tant qu'élue.

Qui sont les généreux clients de maître Dati ? C'est ce que veut savoir une ONG bruxelloise spécialiste des questions d'environnement. Dans un courrier daté du 6 novembre rendu public par i<Télé, Friends of the Earth Europe demande des comptes à Rachida Dati. L'association souhaite lever le doute sur un éventuel trafic d'influence. L'eurodéputée, qui siège comme suppléante à la commission de l'Industrie, de la Recherche et de l'Énergie, a pris de manière étonnante fait et cause pour l'industrie gazière. Le 13 octobre dernier, l'élue signait une virulente tribune dans Les Échos pour demander que l'on arrête de subventionner les énergies renouvelables qui faussent la concurrence avec les énergies fossiles. Et d'appeler dans la foulée à ouvrir au plus vite le débat sur les gaz de schiste.

Mélange des genres

Certains parlementaires s'interrogent ouvertement sur ce soudain intérêt de Rachida Dati pour les questions d'énergie, un thème qui lui a inspiré de nombreux amendements. Lui sont-ils soufflés par ses clients ? Interrogée par Le Point, Rachida Dati refuse d'apporter la moindre précision sur ses activités d'avocat. D'après notre enquête, l'élue du 7e arrondissement aurait travaillé comme consultante pour GDF Suez, ce que le groupe de Gérard Mestrallet ne confirme ni n'infirme. En 2011, la maire du 7e avait organisé une conférence intitulée "L'Azerbaïdjan : un partenaire stratégique pour la sécurité énergétique en Europe", suivie d'un dîner de 400 couverts au musée Rodin à Paris. Des festivités financées par la Fondation Heydar Aliev, une organisation caritative privée d'Azerbaïdjan, pile au moment où GDF et Total lançaient l'exploitation d'un gros forage gazier dans ce pays. Il y a une semaine, la vice-présidente de l'UMP était à nouveau à l'honneur lors du Forum Énergie de l'université Paris-Dauphine, ouvertement sponsorisé par GDF Suez. Une fois de plus, l'euro-députée a défendu bec et ongles la recherche sur les gaz de schiste et relayé la position des gaziers européens pour une fiscalité énergétique harmonisée.

Ce n'est pas la première fois que Rachida Dati est accusée de mélange des genres. Trois mois après son arrivée à Strasbourg, l'euro-députée avait déclenché la polémique en omettant de faire figurer dans sa déclaration de transparence financière la société de consulting qu'elle venait de créer. Prise la main dans le sac, l'ancienne ministre avait très vite migré du statut d'entrepreneur - obligé de déclarer ses comptes - à celui d'avocat, nettement plus discret...

Rachida Dati nous répond

Quelques heures après la publication de cet article, Rachida Dati a diffusé un communiqué dans lequel elle dément tout conflit d'intérêt entre ses activités d'avocate et son mandat de députée européenne. Le Point.fr maintient la totalité des informations parues et s'étonne du silence de l'ex-garde des Sceaux sur le montant et l'origine de ses honoraires. Non seulement Rachida Dati a touché l'an passé 512 416 euros d'honoraires d'avocat, mais, dès 2010, un an seulement après avoir prêté serment, le total de ses honoraires s'élevait déjà à plus de 600 000 euros...

Selon «Le Point» et la chaîne I>TELE, une ONG bruxelloise, Friends of the Earth Europe, aurait adressé début novembre un courrier à l'eurodéputée sur ses rapport avec le groupe GDF Suez. «Êtes-vous employée par le groupe comme consultante ou vos relations sont-elles liées à votre métier d'avocate ? Dans ce cas-là, quelles activités et tâches votre relation avec GDF Suez inclut-elle ?», demandait l'ONG, citée par la chaîne. Des questions restées sans réponse.

Autre élément qui éveille les soupçons : une tribune publiée dans «Les Echos» le 16 octobre. L'élue plaide auprès de Bruxelles pour l'arrêt de subventions publiques accordées à certaines énergies renouvelables et pour le financement des centrales à gaz. «Ce serait un acte fort, un tournant dans la politique énergétique européenne, si l'Europe répondait à l'appel des énergéticiens et mettait un terme aux subventions dans des technologies d'Energies renouvelables matures en les intégrant de manière progressive aux règles du marché», écrivait-elle.

Une position qui n'a pas échappé à l'eurodéputée Corinne Lepage. «Quelle mouche a donc piqué Rachida Dati ?», s'étonnait le 6 novembre l'ancienne ministre de l'Environnement dans une tribune publiée sur Le Huffington Post. «Critiquant la politique énergétique européenne, sur laquelle personne ne l'a jamais entendue en plénière, même si elle siège comme suppléante à la commission industrie, recherche et énergie du Parlement européen, elle se fait le porte-parole des énergéticiens pour attaquer sévèrement les énergies renouvelables, soutenir le gaz de schiste et plus encore elle va reprendre quasiment mot pour mot les déclarations de Gérard Mestrallet (PDG de GDF Suez, NDLR) à Bruxelles».

Rachida Dati serait-elle plus riche qu'elle ne le dit ? Il y a un an et demi, dans une interview au magazine Elle, l'ancienne garde des Sceaux affirmait : "Je gagne environ 6 000 euros par mois en tant que députée européenne et rien pour mes fonctions de maire." Pourtant, d'après les informations du Point.fr, Rachida Dati touche en réalité chaque mois huit fois la somme indiquée, soit 50 800 euros par mois.

L'élue passe en effet sous silence ses confortables revenus d'avocate, métier qu'elle exerce en parallèle de ses mandats de parlementaire et de maire du 7earrondissement de Paris. Dans sa déclaration de transparence financière exigée par le Parlement européen, l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy chiffre ses "activités annexes" à plus de 10 000 euros par mois. En réalité, Rachida Dati a perçu l'année dernière 512 416 euros d'honoraires d'avocat, auxquels s'ajoute une rémunération de 98 000 euros en tant qu'élue.

Qui sont les généreux clients de maître Dati ? C'est ce que veut savoir une ONG bruxelloise spécialiste des questions d'environnement. Dans un courrier daté du 6 novembre rendu public par i<Télé, Friends of the Earth Europe demande des comptes à Rachida Dati. L'association souhaite lever le doute sur un éventuel trafic d'influence. L'eurodéputée, qui siège comme suppléante à la commission de l'Industrie, de la Recherche et de l'Énergie, a pris de manière étonnante fait et cause pour l'industrie gazière. Le 13 octobre dernier, l'élue signait une virulente tribune dans Les Échos pour demander que l'on arrête de subventionner les énergies renouvelables qui faussent la concurrence avec les énergies fossiles. Et d'appeler dans la foulée à ouvrir au plus vite le débat sur les gaz de schiste.

Mélange des genres

Certains parlementaires s'interrogent ouvertement sur ce soudain intérêt de Rachida Dati pour les questions d'énergie, un thème qui lui a inspiré de nombreux amendements. Lui sont-ils soufflés par ses clients ? Interrogée par Le Point, Rachida Dati refuse d'apporter la moindre précision sur ses activités d'avocat. D'après notre enquête, l'élue du 7e arrondissement aurait travaillé comme consultante pour GDF Suez, ce que le groupe de Gérard Mestrallet ne confirme ni n'infirme. En 2011, la maire du 7e avait organisé une conférence intitulée "L'Azerbaïdjan : un partenaire stratégique pour la sécurité énergétique en Europe", suivie d'un dîner de 400 couverts au musée Rodin à Paris. Des festivités financées par la Fondation Heydar Aliev, une organisation caritative privée d'Azerbaïdjan, pile au moment où GDF et Total lançaient l'exploitation d'un gros forage gazier dans ce pays. Il y a une semaine, la vice-présidente de l'UMP était à nouveau à l'honneur lors du Forum Énergie de l'université Paris-Dauphine, ouvertement sponsorisé par GDF Suez. Une fois de plus, l'euro-députée a défendu bec et ongles la recherche sur les gaz de schiste et relayé la position des gaziers européens pour une fiscalité énergétique harmonisée.

Ce n'est pas la première fois que Rachida Dati est accusée de mélange des genres. Trois mois après son arrivée à Strasbourg, l'euro-députée avait déclenché la polémique en omettant de faire figurer dans sa déclaration de transparence financière la société de consulting qu'elle venait de créer. Prise la main dans le sac, l'ancienne ministre avait très vite migré du statut d'entrepreneur - obligé de déclarer ses comptes - à celui d'avocat, nettement plus discret...

Rachida Dati nous répond

Quelques heures après la publication de cet article, Rachida Dati a diffusé un communiqué dans lequel elle dément tout conflit d'intérêt entre ses activités d'avocate et son mandat de députée européenne. Le Point.fr maintient la totalité des informations parues et s'étonne du silence de l'ex-garde des Sceaux sur le montant et l'origine de ses honoraires. Non seulement Rachida Dati a touché l'an passé 512 416 euros d'honoraires d'avocat, mais, dès 2010, un an seulement après avoir prêté serment, le total de ses honoraires s'élevait déjà à plus de 600 000 euros...

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Beignet 10/09/2015 10:12

Bonjour. Oui il faut faire le ménage, mais qui s’intéresse au scandale des subventions publiques données aux industriels (dont EDF), qui coutent des milliards d'euros que chacun paye au titre de la CSPE sur les factures d’électricité et qui rapporte beaucoup d'argent à ces industriels (6,3 milliards d'euros en 2015, 34 depuis 2003 - voir Figaro magazine du 05 sept 15). Il faudrait que Corinne Lepage l'ancienne ministre de l'Environnement plus ceux qui prônent le rachat du kW à des prix au double du prix du marché,s'expliquent sur cette gabegie financière, sans compter les prises illégales d’intérêts de certains élus dans les marchés éoliens.