RMC BFMTV 13 novembre : Les membres du Conseil économique et social renouvelés: "Hollande nomme ses copains"

Publié le par Jean-Luc Touly

RMC BFMTV 13 novembre : Les membres du Conseil économique et social renouvelés: "Hollande nomme ses copains"

Sur les 40 nominations de Personnes Qualifiées au Conseil Economique Social et Environnemental lors du conseil des ministres du 5 novembre dernier, sept personnalités ont été reconduites.

-19 sont des sympathisants et membres de partis de gauche ou des proches de François Hollande au titre de la « République exemplaire »

Frédéric Boccara, PCF

Jean-Marie Cambacérès, PS et proche Hollande

Sophie Thiéry, ex-CFDT

Benoît Thieulin, ségoléniste

Bernard Amsalem, ancien élu PS, président de la Fédération Française d'Athlétisme

Jacky Bontems, ex-n°2 CFDT et proche François Hollande

Jean Grosset, n°2 UNSA et conseiller de Cambadélis (reconduit)

Philippe Gugliemi, ex-grand maître GODF et conseiller régional idf PS

Daniel Keller, grand maître GODF, se dit électeur de gauche

Cindy Léoni, ex-militante MJS et ancienne présidente de SOS Racisme

Nadia Bellaoui, dirigeante de la Ligue nationale de l’Enseignement et proche du PS

Jean-Luc Bennhamias, écolo pro-Hollande. N’a plus de mandat politique, membre du CESE entre 1999 et 2004, conseiller régional PACA 2004-2009 et député européen 2004-2014

Jean-Paul Delevoye, a appelé à voter Hollande en 2012 (reconduit)

Guillaume Duval, économiste de gauche, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques

Annabelle Jaeger, conseillère régionale PACA EELV et responsable à la Fondation Nicolas Hulot, chargée par S Royal d'une mission de préfiguration de l'Agence Nationale de la Biodiversité

Jean-Louis Joseph, proche Hollande et vice président PS région PACA

Laure Lechatellier, démissionnaire EELV, vice présidente du conseil régional idf et assistante parlementaire du sénateur Jean Vincent Placé

Patrick Molinoz, dirigeant national et élu PRG

Octave Togna, indépendantiste kanak

-1 seul membre, sympathisant ou élu de droite

La chef d’orchestre Claire Gibault élu UMP du 9ème arrondissement de Paris et ancienne député européenne (reconduite).

-20 autres membres inclassables

1 membre du Medef

Jean-François Pilliard (patron secteur social)

4 Représentants d’associations

Marie-Aleth Grard, ATD-Quart Monde (reconduite)

Antoine Dullin, président scouts de France (reconduit)

Jean-Jacques Eledjam, président Croix Rouge française

Françoise Rudetzki, ex-présidente SOS Attentats

1 sportive

Muriel Hurtis. A abandonné compétition d’athlétisme.

1 navigatrice

Isabelle Autissier

1 cinéaste

Régis Wargnier

1 patronne de fondation

Samira Djouadi (fondation TF1)

5 Experts de la société civile

Cécile Claveyrole, journaliste agricole

Jean Jouzel (climatologue)

Véronique Séhier (planning familial)

Sylvie Castaigne (hématologue)

Stéphanie Goujon (agence du don en nature)

6 dirigeants d’entreprises publiques et privées

Sandra Lagumina, directrice générale GrDF

Sylvie Brunet, directrice des affaires sociales du groupe ONET (reconduite)

Nathalie Collin, directrice générale adjointe de la Poste

Marie–Béatrice Levaux, Fédération des particuliers employeurs de France, (reconduite)

Nicole Verdier-Naves, dirigeante EDF

Narcer Kettane, dirigeant Beur-FM

Au titre de la « République irréprochable », Nicolas Sarkozy avait nommé, en octobre 2010, 40 « personnalités qualifiées » au CESE. Parmi elles, on en dénombrait 20 proches de l’ancien président, de l’UMP ou de la droite, 3 de gauche et 17 inclassables.

-1994, cohabitation oblige, Mitterrand-Balladur nomment 18 PQ de droite, 17 PQ de gauche et 3 inclassables.

-En 1999, Lionel Jospin impose 30 PQ de gauche à Jacques Chirac

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En septembre 2004, Chirac ne laisse que quatre sièges à des PQ de gauche.

Le 3 septembre 2004 dans le journal « Le Monde », le premier secrétaire du PS, François Hollande avait dénoncé à cette occasion « une conception clanique de la République »

« C’est hélas la confirmation que, pour le président de la République et le Premier ministre, l’Etat est leur propriété et qu’il n’y pas de droit de cité pour les autres mouvements de pensée », avait-il souligné. « Pour être qualifié au CES, il faut être membre de l’UMP ou ami de Jacques Chirac, c’est la récompense des membres du clan qui ont pu connaître des difficultés dans leur vie publique ».

Les 233 conseillers du Conseil économique social et environnemental (CESE), dont la mandature s'achève ce week-end, vont être renouvelés. Chargé de rendre des avis et des rapports sur les projets de loi et les sujets de société, le CESE est sans cesse dans le viseur pour son inutilité présumée et son coût. Mais ses membres continuent de le défendre.

Inutile, coûteux, placard doré. La mandature très décriée du Conseil économique social et environnemental (CESE) s'achève ce week-end. Ses 233 conseillers vont être renouvelés. Une très grande majorité de ses membres sont nommés par les partenaires sociaux (patronat et syndicats) et par les associations. 40 autres sont nommés par le gouvernement au titre de "personnalités qualifiées". Les membres sont censés donner des avis sur les projets de loi, émettre des idées et rédiger des rapports sur des sujets de société ou sur les finances publiques.

A part peut-être le Sénat, peu d'institution attirent autant de critiques depuis sa création que le Conseil économique, notamment en raison de son coût : 40 millions d'euros par an.

"3.000 euros par mois"

Le président nommé il y a cinq ans, Jean-Paul Delevoye, avait promis de changer cette image. Mais pour Yvan Stefanovitch, auteur du livre Rentiers d'État (éditions du Moment), le CESE ne sert à rien et n'a plus de raisons d'être. "Le président nomme ses copains. C'est une maison de retraite pour les syndicalistes, les associatifs et les politiques. On les met là et ils peuvent dormir. C'est 3.000 euros par mois. Ils ont tout frais payés et peuvent même ne pas venir. D'ailleurs les gens ne viennent pas: Laurence Parisot (ancienne présidente du Medef) n'est pas venue pendant six mois. De toute façon ils ne peuvent pas travailler puisqu'il n'y a même pas de bureau. On est chez les fous".

"C'est les recasés, c'est les copains"

Placard doré pour les copains du pouvoir en place ? Jean-Luc Touly, philosophe et journaliste d'investigation, ne dit pas autre chose. "Dans la liste des 40 nouvelles nominations faite par le gouvernement, ce sont en général tous des gens proches du parti socialiste. On a par exemple Philippe Guglielmi, conseiller régional socialiste sortant, on a Pascal Canfin, député européen d'Europe-Écologie, on a Jean-Luc Bennhamias (Modem, ancien Vert)… C'est les recasés, c'est les copains", s'agace-t-il. "Ça ne sert à rien et il faut se poser la question de son utilité. Ce CESE fait des rapports que personne ne lit, et que personne n'utilise". Ah, donc ils ne passent pas leur temps à ne rien faire, finalement, les si décriés membres.

"On a produit énormément d'avis, mais personne ne le sait"

D'ailleurs, pour l'ancien président de la Coordination rurale François Lucas, qui quitte le CESE après deux mandats, le problème n'est pas que l'institution soit utile ou non, c'est que personne ne veut l'écouter. "On a produit énormément d'avis, quelques rapports, souvent intéressants. Tout ça c'est bien, mais qui en a entendu parler ? Personne. C'est un bon outil. Après, supprimer un bon outil parce qu'on considère qu'il ne sert à rien, ce n'est pas non plus satisfaisant".

Supprimer le CESE ? Inconcevable pour Jean-Paul Delevoye, président sortant du CESE et candidat à sa succession. Il est presque dithyrambique sur le Conseil : "Chacun reconnaît la qualité de ses rapports et de ses avis, avec des avis très intéressants sur les violences faites aux femmes, sur l'égalité homme-femme, sur la sécurité sur les plateformes pétrolières, sur la transition énergétique et écologique… Le CESE n'est pas une institution archaïque, c'est une institution d'une extraordinaire modernité". Une institution moderne que beaucoup aimerait voir appartenir au passé.

Par Philippe Gril avec Marie Dupin

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