Fiesta et combines : les frasques de Jean Gachassin

Publié le par Jean-Luc Touly

Le Canard Enchaîné révèle, dans son édition de mercredi, une étonnante correspondance entre Jean Gachassin, le président de la FFT, et Bernard Giudicelli, le directeur général de la Fédération

«Il n’est plus acceptable que, dans l’exercice de tes fonctions, tu consommes de l’alcool jusqu’à l’ivresse. Sans aller jusqu’à l’abstention, il convient désormais que tu le fasses avec modération.» Ce message a été envoyé le 13 février 2012 à Jean Gachassin, le président de la FFT, par trois dirigeants, dont le DG Bernard Giudicelli, au lendemain d’une soirée arrosée au bar d’un hôtel de Vancouver, en pleine Coupe Davis. Ce ne serait pas la seule frasque de l’ancien rugbyman. Le Canard Enchaîné en révèle une demi-douzaine dans son édition de mercredi. On apprend notamment qu’il aurait été mis sous tutelle par la «direction générale» pour ses frais de bouche (déjeuners, invitations...) et qu’il aurait été demandé à sa femme qu’elle arrête d’utiliser sa voiture «pour ses déplacements personnels».

«Il m'a traité de rigolo, de pantin, je ne peux plus le voir»

La première affaire remonterait à 2010, alors qu’il est élu depuis un an. A sa demande, son cabinet aurait revendu, à prix coûtant, des billets pour Roland-Garros à l’agence de voyage d’un de ses amis. Billets revendus cinq fois plus cher dans le cadre d’un «package VIP»... Alors que l’histoire est sortie dans la presse le mois dernier, Giudicelli a tout confirmé dans un mail, en décidant toutefois «une amnistie générale pour tous les faits constatés». Cette combine ne rapportait pas d’argent au président de la FFT, mais il était invité par l’agence de voyage au Tournoi des Six Nations, tous frais payés.

Ultime «coup d’éclat» selon le Canard : le 7 mars 2015, en plein appel d’offres pour les travaux d’extension de Roland-Garros, six dirigeants apprennent qu’un ami de Gachassin aurait rencontré trois entreprises de BTP, candidates au marché, pour leur expliquer qu’il pouvait leur filer un coup de main. «Nous avons même appris que tu avais été amené à rencontrer au moins l’un des collaborateurs d’un de ces trois groupes en compagnie de cet ami», lui écrivent-ils. Gilbert Ysern est un des signataires. Il enverra un autre mail à ses pairs le 4 octobre 2015, rappelant «les carences et les fautes» de «Jean qui est comme un éléphant de porcelaine». Gachassin met la main dessus et le licencie le 4 février. «Il m’a traité de rigolo, de pantin, je ne peux plus le voir.»

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