Paris Normandie le Progrès de Fécamp : Le collectif « Eau bien commun » passe la vitesse supérieure dans le canton de Fécamp (réunion publique du 10 mars)

Publié le par Jean-Luc Touly

Paris Normandie le Progrès de Fécamp : Le collectif « Eau bien commun » passe la vitesse supérieure dans le canton de Fécamp (réunion publique du 10 mars)

«Les factures d’eau sont totalement illisibles pour le commun des mortels », répète Jean-Luc Touly, spécialiste de la corruption et de la gestion de l’eau, invité par le collectif « Eau bien commun – Canton de Fécamp » à donner une conférence, jeudi soir dernier. Et cette opacité n’est peut-être pas un hasard... Car si le citoyen et l’élu local, qu’ils soient de droite ou de gauche, pouvaient interpréter avec précision ces documents, ils seraient peut-être encore plus contrariés par les sommes à débourser, avec le sentiment qu’ils se font plumer.

L’expert, de sensibilité écologique, homme de gauche, s’est également engagé en politique. Mais à 62 ans, son parcours témoigne avant tout d’un esprit libre, soucieux de dénoncer les petits arrangements illégaux entre amis, même s’ils se trouvent parfois dans son propre camp.

MILITANTS DE LA RÉGIE PUBLIQUE

À Fécamp, ce conseiller régional d’Île-de-France a notamment répondu à l’invitation de Jean-Luc Dron, lui aussi homme de gauche, créateur du collectif, et de Marc Calbris, écologiste et, désormais, président de cette association.

Ce contre-pouvoir, né l’an dernier, cherche à être reconnu des citoyens comme une structure apolitique, à l’image d’une association de consommateurs. Pas facile dans un monde rarement dénué d’arrière-pensées. Jean-Luc Touly rend d’ailleurs hommage aux enquêtes passées réalisées par certains médias ou par l’UFC Que Choisir, pointant du doigt des entrepreneurs ou des politiques corrompus, en matière de gestion de l’eau et de l’assainissement.

L’expert en est conscient : « Ces révélations passent beaucoup mieux quand elles ne viennent pas des partis d’extrême gauche. » Autrement dit, même quand elle a raison, une association gauchiste risque d’être discréditée, suspectée de n’agir que pour servir des intérêts partisans.

Dans le cas du canton fécampois, sur lequel se calquera l’agglomération au 1er janvier prochain, Jean-Luc Dron ne cache pas son objectif, approuvé par le conférencier : « Nous travaillons à un retour en régie publique de l’eau, pour mettre fin aux délégations de service public qui sont margées et aux mains des multinationales. » Leur souci est aussi « de préserver la ressource ». Leur arme est pacifique : «Informer la population. »

Cependant la gestion de l’eau a tout l’air d’une usine à gaz. Jean-Luc Dron indique que « concernant les trente-cinq communes du canton de Fécamp, la ville de Fécamp est en régie municipale concernant l’eau potable et en délégation de service public pour l’assainissement jusqu’en 2017 ». « Les autres communes sont réparties entre six autres entités. »

Il s’agit de syndicats d’eau où les comptes ne sont pas faciles non plus à déchiffrer : « Il est difficile de comprendre les rapports des syndicats d’eau quand on n’est pas formé, regrette Jean-Luc Touly, avant de rassurer : Attention, mon propos n’est pas de dire que tous les élus sont corrompus. Mais il faut chercher à obtenir le compte annuel de résultat d’exploitation, le Care. On y découvre parfois des sommes étonnantes sur les frais de personnels, les produits financiers, les frais de siège... »

ARNAUD COMMUN

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