L'Elysée se vide à un an de la présidentielle

Publié le par Jean-Luc Touly

L'Elysée se vide à un an de la présidentielle
Alors que 2017 approche, de nombreux conseillers de François Hollande sont «recasés» dans le privé ou les administrations, laissant parfois des postes vacants
Courage, fuyons? La vague de départs chez les conseillers de François Hollande s'amplifie, bien qu'on assure dans son entourage qu'il est «normal qu'il y ait du turnover», comme le rapporte Le Monde. Ce ne sont pas moins de dix cadres de l'Elysée qui ont ou vont prendre le large à plus ou moins longue échéance. Ce jeudi soir, quatre des collaborateurs du président de la République organisent d'ailleurs leur pot de départ. Même si le phénomène d'usure évoqué par l'entourage de François Hollande est réel, cette cascade de recasages donne l'impression d'une fin de règne.
Au registre des départs à venir figurent notamment Thierry Lataste, directeur de cabinet du président, et Benoît Puga, chef d'état-major particulier de François Hollande. Le premier, préfet de cœur, souhaite retrouver un poste territorial pour finir sa carrière. Le second, général cinq étoiles, devrait selon Le Parisien prendre la tête de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur, à la suite de Jean-Louis Georgelin.
Parmi les hommes de l'ombre qui s'en vont, le chef du protocole de l'Elysée, Laurent Stefanini, quitte également ses fonctions, qu'il occupait déjà sous la présidence de Nicolas Sarkozy. L'ambassadeur, à la baguette de l'organisation de la COP21 et des G8 et G20 en 2011, est nommé à l'Unesco. Son adjoint Frédéric Billet le remplace. Il ne s'agit pas du seul mouvement parmi les conseillers diplomatiques de François Hollande, puisque Hélène Le Gal, en charge de l'Afrique, prendra cet été la tête de l'ambassade de France à Tel Aviv.
Colmatage vers 2017

Dans les domaines régaliens, la magistrat Françoise Tomé, conseillère justice du président, rejoint le Conseil d'Etat. Au chapitre des reconversions, celle d'Annabelle Vandendriessche, qui troque son poste de conseillère adjointe aux affaires intérieures et collectivités territoriales pour embrasser une carrière de commissaire de police, est probablement la plus originale.
Le domaine économique n'est pas épargné par cette épidémie de transferts. Laurence Boone, ex-conseillère spéciale sur ces sujets, a quitté l'Elysée en février et vient ainsi de rejoindre l'assureur Axa - dont le PDG, Henri de Castries, est comme François Hollande un ancien de la promotion Voltaire de l'ENA - au poste d'économiste en chef du groupe. En juin, Jean-Jacques Barberis, conseiller aux affaires économiques et financières nationales et européennes, entrera lui aussi dans le privé chez Amundi, une filiale du Crédit agricole.
Enfin, le conseiller agriculture, développement rural et pêche Philippe Vincon, ainsi que la conseillère climat et environnement Marie-Hélène Aubert, font tous les deux leurs valises. L'un est attendu à la direction générale de l'enseignement et de la recherche au ministère de l'Agriculture, l'autre est nommée à l'inspection générale du développement durable.
A un an d'une élection présidentielle indécise pour le chef de l'état, et tandis que l'équipe de campagne accaparera probablement de plus en plus son attention, certains des postes vacants ne seront pas remplacés. «Certains conseillers en place voient leurs portefeuille s'élargir», confie au Parisien un proche du Palais. C'est le cas par exemple de Nathalie Iannetta, conseillère sur le sport et la vie associative, qui prend en charge une partie des attributions d'Audrey Azoulay, ancienne conseillère culture devenue ministre.

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