Valls embauche son suppléant comme assistant parlementaire

Publié le par Jean-Luc Touly

Carlos da Silva a été député de l'Essonne de 2012 à 2016, pendant que Manuel Valls était au gouvernement. Forcé de quitter l'Assemblée nationale, il est devenu assistant parlementaire de l'ancien premier ministre.
Un jeu de chaises musicales qui pose question... Marianne rapporte mercredi que Manuel Valls a embauché Carlos da Silva comme assistant parlementaire. Ce dernier n'est pas un inconnu à l'Assemblée nationale: en tant que suppléant de Manuel Valls, il a été député de 2012 à 2016. Mais en décembre dernier, il a été contraint de quitter le palais Bourbon à la suite de la démission du gouvernement de Manuel Valls, le titulaire du poste. Le départ fut en fait très bref. Il a aussitôt été embauché par l'ancien premier ministre, lui permettant de conserver une rémunération de l'Assemblée nationale. «Je comprends les suspicions au vu des précédents mais je n'ai rien à cacher, je suis bien devenu le collaborateur effectif de Manuel Valls depuis son retour à l'Assemblée nationale», confirme Carlos da Silva, interrogé par le site internet de l'hebdomadaire. Celui qui est également conseiller régional d'Île-de-France assure avoir accepté cet emploi par «souci de continuité».
Il «passe l'aspirateur»
«J'assiste à des réunions où je représente Manuel Valls, je prends des notes sur les prises de positions des uns et des autres, je reçois à la permanence parlementaire, je fais des relations publiques et des relations presse», précise Carlos da Silva alors que son patron s'est accordé plusieurs semaines de repos après sa défaite à la primaire de la gauche. Le nouveau collaborateur devrait toutefois avoir un emploi du temps très allégé: la session parlementaire a pris fin mercredi. Les députés ne siégeront plus jusqu'aux prochaines élections législatives, en juin prochain.
Ce qui lui permet de «passer l'aspirateur» à la permanence de Manuel Valls, jure-t-il. Impossible, toutefois, de connaître sa rémunération... Carlos da Silva invoque des «relations contractuelles privées» pour ne pas répondre à la question de nos confrères.
Ce n'est pas la première fois qu'un parlementaire se retrouve collaborateur. En février 2016, la maire LR de Calais Natacha Bouchart avait abandonné son siège de sénatrice, cumul des mandats oblige. Son successeur Jean-François Rapin lui avait alors offert la possibilité d'être sa collaboratrice. Mais face à la polémique, Natacha Bouchart avait renoncé quelques jours après la révélation de l'information.

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