Grand Stade de Lille : le président de la métropole lilloise mis en examen

Publié le par Jean-Luc Touly

Le président de la métropole lilloise a été mis en examen ce mercredi pour favoritisme aux marchés publics et corruption. L'équipement sportif fait l'objet d'une information judiciaire depuis la fin de l'année 2012. En cause : les condition d'attributions du chantier au groupe Eiffage.

Le président de la Métropole européenne de Lille (MEL), Damien Castelain, a été mis en examen ce mercredi pour «trafic d'influence passif» et «complicité de favoritisme». Cela fait suite au dépôt de plainte, en décembre 2010, d'Eric Darques, ancien élu (RPF) de Lambersart (Nord), auprès du parquet de Lille pour dénoncer les conditions d'attribution du chantier à Eiffage. Une information judiciaire pour «favoritisme» et «faux et usage de faux» avait été ouverte fin 2012. Deux fonctionnaires de la communauté avaient été mis en examen en mai 2014 pour faux et usage de faux. La MEL avait elle été mise en examen le 15 novembre 2016 en tant que personne morale pour favoritisme, et l'enquête a été élargie en décembre 2016 aux faits de «corruption» et «trafic d'influence».

Le Grand Stade de Lille, baptisé ensuite «Stade Pierre-Mauroy» et implanté à Villeneuve-d'Ascq (Nord), a été inauguré à l'été 2012. Le projet avait été développé sous les présidences successives à la communauté urbaine de Lille de Pierre Mauroy et Martine Aubry, qui n'a encore jamais été entendue dans cette affaire. Cette enceinte multifonctionnelle de 50.283 places, équipée d'un toit rétractable, est le fruit d'un partenariat public-privé entre une filiale du groupe de BTP Eiffage et la Métropole européenne de Lille (MEL, auparavant appelée Communauté urbaine de Lille).

Quand et comment Eiffage a-t-il été sélectionnée?

La Communauté urbaine de Lille choisit en 2006 la procédure du partenariat public-privé (PPP), la première du genre pour un équipement sportif. Une commission retient trois candidats, ayant remis leurs offres le 21 décembre 2007: Eiffage, Bouygues-Norpac et Vinci. Par délibération du 1er février 2008, le conseil désigne Eiffage comme attributaire pressenti, puis le 25 septembre 2008, l'assemblée plénière autorise la signature du contrat de partenariat, pour une durée de 31 ans.

● Pourquoi une plainte a-t-elle été déposée?

En décembre 2010, Eric Darques s'étonne que le projet d'Eiffage présentant, selon lui, un surcoût de «108,5 millions d'euros» par rapport à celui de Norpac-Bouygues, ait été choisi. Il affirme qu'un premier rapport adressé aux élus communautaires pour alimenter leur réflexion, daté du 23 janvier 2008, donnait la meilleure note à Norpac-Bouygues, alors qu'un second rapport, daté du 1er février 2008, jour du vote, mais rédigé selon lui postérieurement, notait plus favorablement Eiffage.

● Quelle est la défense de la MEL?

La métropole ne conteste par le fait que le projet Eiffage était plus cher que celui de Norpac-Bouygues, mais cette comparaison est «un exercice dénué de sens, puisque les projets sont par essence différents». Le candidat ayant remis «l'offre économiquement la plus avantageuse» et «non pas l'offre la moins onéreuse» a été désigné comme attributaire pressenti, explique la MEL. Par ailleurs, rappelle-t-elle, le rapport adressé aux élus communautaire daté du 23 janvier 2008 «n'a aucune valeur juridique».

(Avec AFP)

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